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La ville énergivore
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04 August 2026

Les villes ne peuvent fonctionner sans énergie, mais cette dette est souvent oubliée. Tous les jours, la pression d’un bouton permet de convoquer la puissance d’un barrage hydroélectrique ou d’un gisement pétrolier. Cette dépendance entraîne des répercussions profondes sur les rapports sociaux ainsi que sur l’environnement, autant à l’échelle locale que mondiale.
La ville énergivore retrace l’histoire de la dépendance urbaine moderne envers des sources d’énergie extraites loin des villes et transportées par des infrastructures technologiques sophistiquées. À travers le cas de Montréal au 20e siècle, métropole énergivore d’un pays énergivore, ce livre raconte le déclin du bois et du charbon, autrefois manipulés physiquement pour le chauffage et la cuisson. Ils sont remplacés par l’hydroélectricité, le gaz naturel et le pétrole, distribués par des réseaux invisibles qui ont alimenté la consommation débridée d’énergie typique de l’après-guerre. Clarence Hatton-Proulx porte notre regard sur les espaces concrets où l’énergie en ville est entreposée, transformée et consommée : les cours à bois et à charbon, les stations-services, les raffineries de pétrole, les appartements et les bungalows de l’île de Montréal. Il analyse les tensions entourant la transition à travers une étude fine de différents acteurs historiques, des locataires aux professions de l’urbain.
Résonnant fortement avec l’actualité, ce livre montre comment l’invisibilisation de l’énergie en ville a participé à façonner une culture énergétique de l’abondance. Bien que synonyme de confort et de justice sociale, l’ébriété énergétique a entraîné des changements climatiques planétaires.
« Écrit avec clarté et joliment illustré, La ville énergivore relate habilement les changements immenses touchant l'infrastructure énergétique qui forment la transition socio-écologique la plus importante depuis le développement même des villes. Plein de perspectives innovantes sur les mobilisations sociales, les risques urbains, les débuts de l'environnementalisme et l'urbanisme d'après-guerre, le livre est animé par les opinions affûtées et les voix puissantes de résidents, révélant l'impact que les décisions énergétiques ont eu sur la vie quotidienne des Montréalaises et des Montréalais. Un voyage au cœur de l'Anthropocène qui mérite et récompensera un large lectorat. » Joshua MacFadyen, Chaire de recherche du Canada en sciences humaines géospatiales, Université de l’Île-du-Prince-Édouard