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Territoire, pouvoir et État
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20 April 2027

Pendant plus de deux siècles, le régime seigneurial constitue le principal mode de tenure foncière dans la vallée du Saint-Laurent, et les seigneurs forment l’élite foncière de la colonie. Une dimension méconnue de cette importante institution de l’histoire du Québec préindustriel est que des communautés autochtones ont collectivement exercé des pouvoirs seigneuriaux.
Territoire, pouvoir et État examine la gouvernance territoriale des Kahnawa’kehró:non (Mohawks de Kahnawà:ke) et des W8banakiak (Abénakis d’Odanak) en fonction de leurs engagements respectifs avec le régime seigneurial. S’appuyant sur une recherche exhaustive menée dans les archives institutionnelles, religieuses, notariales et judiciaires, Isabelle Bouchard reconstitue les dynamiques internes de ces deux communautés tout en les situant dans le contexte des transformations des politiques coloniales. Cette approche comparative met en lumière l’agentivité de ces Premières Nations dans le maintien de leur autonomie politique et juridique, ainsi que les stratégies d’adaptation qu’elles déploient face à l’intensification des interventions coloniales. La malléabilité du régime seigneurial canadien permet à la fois aux Premières Nations de l’interpréter à la lumière de leur conception du territoire et aux autorités coloniales de transformer le statut de leurs terres en fonction de leurs propres intérêts.
Contribution importante et originale à l’histoire du XIXe siècle, Territoire, pouvoir et État expose les mécanismes administratifs et juridiques déployés pour déposséder les seigneurs autochtones, délégitimer leurs traditions juridiques et imposer un droit étatique assurant le contrôle des colons sur les Autochtones et leurs terres.